ADIJ

Le mot du Président

La technique sans cesse défie le Droit

Lorsque, il y a près de 15 ans je suis venu pour la première fois à l’ADIJ, j’avais pour but de rendre accessible le plus de données de Droit : la technique informatique m’y a aidé, jusqu’à faire de la publication mon métier.

D’autre part, elle a alors forcé le Droit à s’ouvrir : la numérisation, la constitution de bases et l’enrichissement de ces données, offrent un univers de mémoire et d’informations formidables pour une matière comme le Droit. A l’heure du Big Data, de la Blockchain, et autres DataViz, chaque donnée est une nouvelle hypothèse… de Droit.

Dès lors, l’agora constituée au sein de l’ADIJ autour des problématiques des techniques appliquées au Droit m’a permis de rencontrer des gens qui aimaient parler de numérisation, déjà, aussi fou que cela puisse paraître !

Le Droit garantit le développement pérenne de la technique

Ainsi, multipliant les hypothèses, l’informatique a d’autre part remis en cause les règles en place : droit d’accès aux données, droit de rediffusion, protection des individus, règles de consommation… La magie d’Internet affolant les esprits, les questions se sont multipliées.

Or, ces questions sont aujourd’hui les mêmes. L’ADIJ avait-elle déjà su identifier les bonnes problématiques juridiques ? Peut-être l’informatique, de façon à préparer son entrée dans le monde du Droit, avait su mieux envoyer ses émissaires. Sans aucun doute, l’ADIJ constitue la bulle diplomatique qui les a reçus.

C’est le temps de l’ADIJ

Elu Président de l’ADIJ lors du Conseil d’Administration du 16 janvier, je vous invite à garder ensemble le temps nécessaire pour garantir l’appréhension réciproque de deux titans : le Droit et l’informatique.

Depuis près de 50 années, l’un défie l’autre, à l’instar des grands courants d’idées de l’histoire qui se construisent en opposition, à l’image des Dieux de la Mythologie qui rivalisent de châtiments, ou des plaques tectoniques qui ne connaissent pas les conséquences de leurs chocs. En définitive, puisque dorénavant, personne ne peut plus ignorer l’existence de l’autre, chacun doit trouver sa place. Cependant dans l’histoire, des nations belligérantes signent aussi des traités, créent des continents ou organisent des mariages. Les termes de ces « conférences » sont des accords de Droit. Ils organisent les rapports entre les forces en présence.

La Loi sur la République numérique de 2016, à la rédaction de laquelle l’ADIJ a participé, est un exemple de ces traités qui tendent à assurer un avenir serein, encadrant ici les velléités d’un marché en genèse (la « Legal Tech »), et les craintes d’un Droit des Lumières, qui protège l’individu.

L’ADIJ, forte de ses 45 années d’expertise, est ce condominium mis en place par le Droit et l’informatique. Constituée des plus grandes autorités légiférantes, décisionnelles, juridictionnelles, « legal-tech-euses », scientifiques, sa gouvernance permet une représentation de toutes les compétences. Comme l’ile au milieu de la Bidassoa, elle est l’endroit où l’on vient pour s’écouter : on s’y entend, même.

Ainsi, je vous propose de nous rejoindre, et de contribuer :

– au sein de nos ateliers : Travail et numérisation, Données personnelles, Service public de la donnée, Médecine numérique, … et ceux qu’il vous plairait de créer et d’animer !

– au cours d’un des mardis de l’ADIJ : le 18 mai, une séance sera animée par l’atelier « Données personnelles » ; le 13 juin un autre mardi, qui regroupera plusieurs ateliers, sera réuni autour de la « Legal Tech » ; en septembre un atelier sera organisé par l’atelier « Service public de la donnée »…

Rejoignez-nous.

A très bientôt !

Fabien Waechter

Président de l’ADIJ

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